Révoltes et Massacres en Syrie- Droit et devoir d’ingérence

Auteur : Pierre Fasseaux- Révoltes et Massacres en Syrie- Droit et devoir d’ingérence
Moscou et Pékin coresponsables de crimes contre l’humanité, l’ONU coupable de non-assistance à personnes en danger. Alerte à Homs !
Lorsqu’un enfant est abusé physiquement, voire battu par ses parents, les voix s’élèvent et les lois existent pour les protéger contre leurs persécuteurs, par la contrainte et la force si nécessaire. Et il en est de même pour les groupes de personnes vulnérables qui subissent des violations; les femmes, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap.
Les membres de la famille, voire les voisins qui pourraient être au courant de ces infamies sont de même tenus d’en informer les autorités. S’ils ne l’ont pas fait, ils peuvent avoir des comptes à rendre et se rendre coupable de non-assistance à personne en danger. Les victimes seront protégées, séparées de leurs bourreaux et mises en sécurité. Il s’agit d’un contexte d’ingérence obligatoire au niveau individuel.
Ce que l’on exige de la part de modestes individus en matière d’ingérence obligatoire et légale, n’est pas perçu de la même manière lorsque des groupes de personnes sont massacrés dans une nation voisine. Les responsables nationaux opposent le principe de l’interdiction de l’ingérence dans leurs affaires. Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais…Pourtant lorsque des personnes sont battues ou massacrées, les autorités nationales sont responsables.
Le principe d’ingérence et d’assistance aux personnes et minorités qui subissent des contraintes ou violences physiques doit s’appliquer de même aux Etats. Il est bien trop facile d’invoquer la non-ingérence afin que personne ne vienne s’immiscer dans les affaires de l’Etat, autorisant par la même une continuité de massacres.
C’est le cas en Syrie qui veut protéger sa clique, ses droits et privilèges, son appartenance religieuse. Ce fut le cas en Irak, en Tunisie, en Egypte et en Lybie. Les droits de l’homme sont constamment bafoués alors qu’il y a un DEVOIR d’ingérence, à l’instar de celle obligeant à la protection des individus.
Ce que l’on n’accepte pas de la part de bourreaux ne doit pas l’être de la part des puissants. Le bourreau par définition est un puissant. La raison reste celle du plus fort… elle est devenue financière et économique.
L’ONU est paralysée par deux vetos. Plus personne ne comprend les réactions persistantes de la Chine et de la Russie, car leurs valeurs ne sont pas les mêmes que celles de l’Occident et même des pays du Moyen-Orient. Elles ne l’ont jamais été. Des pays comme la Chine et la Russie n’ont plus rien à faire dans le contexte de l’ONU. Ces pays-là ne sont pas à leur place au sein de l’ONU. Ils doivent en sortir et créer leur club à eux, le club des nations qui bafouent les droits de l’homme avec persistance, le club des nations qui battent et tuent leurs populations, et celles qui ne signent pas les Traités en matière de protection des Droits de l’homme. Que celles-ci soient montrées du doigt et condamnées ! Quitte à engendrer la confrontation entre deux blocs. Mieux une saine confrontation dans un contexte de protection du droit des personnes, de la justice et de la Vérité qu’une constante situation malsaine et l’injustice. Et pourtant, isoler ces pays n’aboutirait qu’à un renforcement des mesures discriminatoires, la perpétuation des massacres et l’oubli des droits de l’homme… Que faire alors ? Une demi-mesure consisterait à modifier les statuts et charte décisionnels à l’ONU pour rendre applicable le droit et devoir d’ingérence.
Pierre Fasseaux

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